La consultation pour une réduction mammaire permet d'établir un dialogue important entre le chirurgien et la patiente, d'évaluer la situation médicale et les attentes personnelles, et de déterminer la meilleure approche chirurgicale. Une consultation bien menée pose les bases d'une intervention réussie et d'un résultat satisfaisant pour la patiente.

Étapes préparatoires à la consultation de réduction mammaire

Avant même de rencontrer le chirurgien pour une réduction mammaire, plusieurs étapes préparatoires sont nécessaires. La patiente doit rassembler son dossier médical complet, incluant les antécédents familiaux de cancer du sein, les résultats d'examens mammaires antérieurs, et toute information pertinente sur sa santé générale. Il est également recommandé de préparer une liste de questions et de préoccupations à aborder lors de la consultation.

La patiente peut aussi réfléchir à ses motivations profondes pour cette intervention. S'agit-il de soulager des douleurs dorsales, d'améliorer sa silhouette, ou de faciliter la pratique d'activités sportives ? Ces réflexions aideront à formuler clairement ses attentes au chirurgien.

Enfin, il convient de se renseigner sur les différentes techniques de réduction mammaire existantes, sans pour autant tirer de conclusions hâtives. Cette préparation permettra d'avoir une discussion éclairée avec le praticien.

Le déroulement de l'examen clinique et l'anamnèse

Lors de la consultation, le chirurgien commence par un entretien pour établir l'anamnèse de la patiente. Cette étape permet de comprendre le contexte médical, psychologique et social de la demande de réduction mammaire. Le praticien s'intéresse notamment aux antécédents médicaux, chirurgicaux, et obstétricaux de la patiente. Ensuite, l'examen clinique permet d'évaluer précisément la morphologie mammaire. Le chirurgien observe la taille, la forme, la symétrie des seins, ainsi que la qualité de la peau et la position des mamelons. Ces observations permettent de déterminer la technique chirurgicale la plus appropriée.

Évaluation de la ptose mammaire selon l'échelle de Regnault

L'échelle de Regnault est un outil standard utilisé pour classifier le degré de ptose (affaissement) mammaire. Elle comporte trois grades principaux :

  • Grade I : ptose légère, le mamelon se situe au niveau du sillon sous-mammaire

  • Grade II : ptose modérée, le mamelon se trouve en dessous du sillon sous-mammaire

  • Grade III : ptose sévère, le mamelon pointe vers le bas

Cette évaluation guide le chirurgien dans le choix de la technique opératoire et l'ampleur de la correction nécessaire.

Mesure du volume mammaire par la méthode de Grossman-Roudner

La méthode de Grossman-Roudner est une technique fiable pour estimer le volume mammaire. Elle utilise un disque gradué placé sur le sein pour mesurer son volume. Cette mesure précise est nécessaire pour planifier la quantité de tissu à retirer et assurer un résultat proportionné à la morphologie de la patiente.

Le volume mammaire idéal est déterminé en fonction de plusieurs éléments, notamment la taille et la corpulence de la patiente, ainsi que ses préférences personnelles. L'objectif est d'obtenir une poitrine harmonieuse et en proportion avec le reste du corps.

Analyse des antécédents médicaux et chirurgicaux

L'examen des antécédents médicaux et chirurgicaux permet d'évaluer les risques potentiels de l'intervention. Le chirurgien s'intéresse particulièrement aux antécédents de cancer du sein dans la famille, aux interventions chirurgicales antérieures sur les seins, aux maladies chroniques comme le diabète ou l'hypertension, aux allergies médicamenteuses et aux habitudes de vie (tabagisme, activité physique).

Discussion des motivations et attentes de la patiente

La compréhension des motivations et des attentes de la patiente permet d'assurer sa satisfaction après l'opération. Le chirurgien encourage une discussion ouverte sur les raisons qui poussent la patiente à envisager une réduction mammaire. Ces motivations peuvent être d'ordre physique (douleurs dorsales, gêne dans les activités quotidiennes) ou psychologique (image de soi, confiance en soi).

Techniques chirurgicales proposées lors de la consultation

Lors de la consultation, le chirurgien présente les différentes techniques chirurgicales envisageables pour la réduction mammaire. Le choix de la technique dépend notamment du volume à retirer, du degré de ptose, de la qualité de la peau et des préférences de la patiente.

Méthode de réduction verticale de Lassus

La technique de Lassus, aussi appelée réduction verticale, est particulièrement adaptée pour les réductions mammaires modérées. Elle présente l'avantage de laisser une cicatrice verticale unique, sans cicatrice horizontale dans le sillon sous-mammaire.

Cette méthode permet de remodeler efficacement le sein tout en préservant une bonne projection. Elle est souvent privilégiée pour les patientes jeunes ou celles qui souhaitent minimiser les cicatrices, toutefois, la technique en T inversé est souvent préférée pour sa fiabilité et son applicabilité plus large.

Technique en T inversé de Wise

La technique de Wise, ou technique en T inversé, est la plus classique et la plus polyvalente. Elle permet de traiter des hypertrophies importantes et des ptoses sévères. La cicatrice résultante forme un T inversé : autour de l'aréole, verticalement jusqu'au sillon sous-mammaire, et horizontalement dans ce sillon.

Cette technique donne un excellent contrôle du modelage du sein et de la position de l'aréole. Elle est particulièrement indiquée pour les réductions importantes ou les cas de forte asymétrie.

Procédure péri-aréolaire de Benelli

La technique de Benelli, ou round block, est utilisée pour des réductions mammaires modérées. Elle ne laisse qu'une cicatrice circulaire autour de l'aréole, ce qui la rend très discrète. Cette méthode est particulièrement appréciée pour son résultat esthétique, mais elle a des limites quant au volume de réduction possible.

Elle est souvent recommandée pour les patientes ayant une peau de bonne qualité et nécessitant une réduction modérée avec un lifting mammaire.

Approche septum-based de Hall-Findlay

La technique de Hall-Findlay est une variante moderne de la réduction verticale. Elle utilise un pédicule supéro-médial basé sur le septum, ce qui permet une meilleure préservation de la vascularisation et de l'innervation du complexe aréolo-mamelonnaire.

C'est un bon compromis entre la qualité de la réduction, la préservation de la sensibilité, et la discrétion des cicatrices. Elle est particulièrement adaptée aux réductions modérées à importantes.

Imagerie médicale et examens complémentaires

L'imagerie médicale influe sur la préparation d'une réduction mammaire. Le chirurgien prescrit généralement une mammographie et/ou une échographie mammaire. Ces examens permettent de détecter d'éventuelles anomalies mammaires et d'établir un bilan pré-opératoire complet.

Pour les patientes de plus de 40 ans, une mammographie est systématiquement recommandée. Pour les patientes plus jeunes, une échographie peut suffire. Ces examens permettent également d'évaluer la densité du tissu mammaire. Dans certains cas, des examens complémentaires peuvent être nécessaires :

  • IRM mammaire : pour une évaluation plus précise de la structure mammaire

  • Bilan sanguin : pour vérifier l'état de santé général de la patiente

  • Consultation cardiologique : en cas d'antécédents cardiaques ou de facteurs de risque

Ces examens contribuent à minimiser les risques opératoires et à optimiser le résultat de l'intervention.

Aspects psychologiques et consentement éclairé

Le chirurgien doit évaluer la motivation de la patiente, sa compréhension des enjeux de l'intervention, et sa capacité à gérer les suites opératoires. Il est important d'aborder les attentes de la patiente de manière réaliste. Le chirurgien explique ce qui est raisonnablement réalisable et ce qui pourrait être plus difficile à atteindre. Cette transparence est indispensable pour éviter toute déception après l'opération.

Évaluation de l'impact psychosocial par le questionnaire BREAST-Q

Le questionnaire BREAST-Q est un outil validé pour évaluer l'impact psychosocial d'une chirurgie mammaire. Il permet de mesurer la qualité de vie liée aux seins, la satisfaction de la patiente, et son bien-être psychosocial avant et après l'intervention. Ce questionnaire aborde plusieurs aspects :

  • Satisfaction par rapport à l'apparence des seins

  • Impact sur la vie sociale et professionnelle

  • Bien-être psychologique

  • Douleurs et inconfort physique

  • Satisfaction par rapport aux soins médicaux

L'utilisation de cet outil permet une évaluation objective des bénéfices attendus de l'intervention et aide à la prise de décision.

Explication des risques et complications potentielles

Le chirurgien a l'obligation d'informer la patiente de tous les risques et complications potentiels liés à l'intervention. Cette étape permet d'obtenir un consentement véritablement éclairé. Les risques abordés incluent les saignements et hématomes, les infections, les problèmes de cicatrisation, l'asymétrie résiduelle, l'altération de la sensibilité du mamelon et les risques liés à l'anesthésie.

Le chirurgien explique également les mesures prises pour minimiser ces risques et les protocoles en place en cas de complication.

Présentation des résultats attendus avec simulation 3D Crisalix

La simulation 3D Crisalix est un outil précieux pour aider la patiente à visualiser les résultats potentiels de l'intervention. Cette technologie permet de créer une représentation tridimensionnelle des seins de la patiente et de simuler différents scénarios de réduction. La simulation 3D offre plusieurs avantages :

  • Visualisation réaliste des résultats potentiels

  • Aide à la décision pour le choix du volume final

  • Amélioration de la communication entre le chirurgien et la patiente

  • Ajustement des attentes de la patiente

Cependant, la simulation reste une approximation : le résultat final peut différer légèrement.

Planification post-consultation et préparation préopératoire

À l'issue de la consultation, le chirurgien établit un plan de traitement personnalisé. Ce plan détaille la technique chirurgicale choisie, le volume de réduction envisagé, et les résultats attendus. Il fournit également des instructions précises pour la préparation préopératoire. La préparation préopératoire inclut généralement :

  • Arrêt du tabac au moins un mois avant l'intervention

  • Suspension de certains médicaments (anticoagulants, anti-inflammatoires)

  • Réalisation des examens complémentaires prescrits

  • Organisation pratique (transport, aide à domicile post-opératoire)

  • Achat du matériel post-opératoire (soutien-gorge spécial, compresses)

Le chirurgien fixe également la date de l'intervention et planifie les rendez-vous de suivi post-opératoire. Il faut que la patiente comprenne l'importance de suivre scrupuleusement ces instructions pour optimiser les résultats de l'intervention et minimiser les risques de complications.